Cette aventure m’est arrivée en 2017. S’il y a bien une chose que je déteste, c’est les fêtes de bureau ; malgré la pingrerie des dirigeants qui commandent juste assez de breuvages pour généreusement nous offrir deux maigres coupes de champagne, il y a toujours une mijaurée pour s’exclamer qu’elle est pompette… J’éprouve déjà de nombreuses difficultés à supporter mes abrutis de collègues sans avoir à me retrouvée enfermée dans une salle avec eux, à les écouter fanfaronner sur leurs exploits imaginaires pour mettre en valeur leur ridicule virilité incertaine. Rien dans ce sinistre décor ne rappelait Noël ; des murs en béton gris et nus éclairés d’une lumière blafarde, la moquette élimée anthracite, l’austère mobilier en aluminium brossé… Même le film miroir apposé sur les fenêtres faisait paraitre les paysages plus ternes qui ne le sont. C’était un mois de décembre anormalement chaud ; le soleil rasant peinait à franchir l’épaisse couche de nuages gris mais était suffisante pour maintenir tous les jours une température entre 8C° et 12C°. Mon seul réconfort était que cette année, Noël tombait un lundi ce qui signifiait un plus long weekend. Mais avant cela, j’aurais à subir la désagréable odeur de transpiration d’une cinquantaine de collègues, étouffant dans leur costume bon marchés à cause d’une chaudière mal réglée. J’ai pour habitude lorsque je m’éveille, de commencer la journée avec quelques verres d’une liqueur crémeuse, mais ce matin-là, le cœur n’y était pas. J’ai avalé trois verres de Bayley’s fraise avant de quitter la maison. Il faisait sombre, quelques arbres avaient perdu une partie de leurs feuilles ; sans doute avait il légèrement plu car la route était grasse. Machinalement, j’ai saisi une bouteille que j’avais laissée sur le siège passager, je l’avais achetée dans un night shop un soir que j’étais ivre et ne l’avais pas encore entamée. J’ai ouvert la bouteille et en bu quelques gorgées avant de me rendre compte à quel point ce truc était infecte, c’était soi-disant de la vodka Lime mais cela ressemblait plus à du détergent pour la vaisselle. Je rebouchais bien vite cette horreur pour saisir une bouteille de Grand Marnier dont je bu grandes gorgées afin de me rincer la bouche et la gorge. Il n’était encore 9h du matin, et pourtant, en traversant la ville, je vis des gens déjà faire la file devant les magasins en attendant leur ouverture. Arrivée sur le parking devant l’immeuble où je travaille, j’ai pris le temps de fumer trois cigarettes en continuant de boire du Grand Marnier pour me donner le courage d’aller bosser. Je n’étais pas saoule, loin de là, même pas éméchée, il m’en faut bien plus pour ressentir les effets de l’alcool. J’ai finalement quitté mon véhicule et suis entrée dans l’immeuble ; dans le hall d’entrée, j’ai regardé avec tristesse le coin vide où autrefois nous mettions un sapin ; cette tradition avait été annulée cette année pour n’offenser aucune sensibilité. Derrière son pupitre le gardien, sans doute en guise de protestation, portait un ridicule bonnet rouge, ça m’a fait sourire, ce vieux bonhomme obèse avait certainement plus de courage que tous mes collègues réunis. Je suis grimpée dans l’ascenseur en direction du cinquième étage, un ascenseur aux parois en inox gris, du gris, toujours du gris ; je crois que l’architecte qui conçu cet édifice était daltonien et ne voulait pas faire de faute de goût. Arrivée à mon étage, j’ai pressé le pas vers mon bureau où je me suis enfermée. Une fois assise, je me suis faite deux belles lignes de cocaïne avant de sortir une bouteille de whisky de mon tiroir. J’avais très envie de m’en servir un grand verre, mais comme j’allais très certainement être amenée à parler à beaucoup de monde aujourd’hui, je me suis résolue à remettre la bouteille dans son tiroir sans en boire. Durant près d’une heure, j’ai travaillé sur mes dossiers, mais j’avais du mal à me concentrer, je n’arrivais pas à me chasser cette bouteille de la tête. Je mourais d’envie de boire au moins quelques gorgées, mais je me connais assez pour savoir que je ne me serais pas arrêtée à si peu. J’étais plongée dans mes rêveries lorsque mon interphone s’est mis à vociférer ; c’était mon chef qui annonçait un code rouge, je n’avais vraiment pas besoin de ça aujourd’hui. Un code rouge, c’est soit un gros client qui a fait une grosse connerie, soit un gros contrat qui s’apprête à disparaitre. Je me fis rapidement deux autres lignes de cocaïne et me dirigeais vers la salle de réunion. A voir l’empressement de certains de mes collègues la situation était sérieuse. Lorsque je suis entrée dans la salle, un brainstorming avait déjà commencé. Fidèles à eux-mêmes, mes collègues parlaient de mesures désespérées, de faire travailler les équipes tout le weekend, de faire des barrages administratifs… Il m’a fallu presque une dizaine de minutes pour comprendre de quoi il retournait. Pour résumer, un de nos clients principaux avait « oublié » de se préparer aux nouvelles directives Européennes et comme toujours dans ces cas-là, au lieu de contacter notre cabinet de conseil juridique directement, il avait tenté de résoudre le problème par lui-même. Je me levais alors et mis à taper de mes phalanges sur la table pour attirer l’attention, tout le monde se tu rapidement ; je suis la seule femme à avoir jamais été admise dans ce bureau et je peux vous assurer que je ne dois ma place qu’à me seule compétence. Après un rapide résumer de la situation, j’ai expliqué à mes collègues qu’il y a deux ans, quelques mois après mon arrivée dans cette entreprise, j’avais déjà réalisé un dossier pour notre client portant sur le sujet qui nous concerne. Beaucoup trop radin que pour poursuivre la gestion de son dossier avec nous, le client avait rompu le contrat. Un lourd silence s’effondra sur la salle ; se refusant à de faux espoirs, le C.E.O. me demanda si le dossier était complet et s’il pouvait encore tenir la route. Je savais qu’il n’y avait que quelques dates à changer, un simple publipostage qui ne m’aurait pas pris plus de cinq minutes, mais voyant là une trop belle opportunité d’avoir une journée de tranquillité, j’annonçais tout pourrait être près entre 14h et 18h. Des éclats de rire et des applaudissements jaillir et enfin soulagé, le C.E.O. s’apprêtait à appeler le client lorsque je l’interrompis brutalement. Certes, le travail était déjà fait, mais pourquoi en informer le client ? Autant lui annoncer que toutes nos équipes allaient travailler durant toutes la nuit et que cela lui serait facturé. Aux dires du C.E.O., je suis aussi machiavélique que magistrale ; après une nouvelle salve d’applaudissements, je quittais triomphalement la pièce et rejoignais mon bureau. Une fois enfermée à l’intérieur, je m’emparais de la bouteille de whisky, en rempli un plein mug et en bu d’un trait la moitié. Je me mis ensuite à l’ouvrage, et, après avoir rapidement changé les dates et corrigés les noms des associés de notre cabinet, j’avais entamé la relecture du dossier lorsque mon téléphone sonna. C’était le C.E.O. qui souhaitait me présenter ses excuses ; dans l’euphorie du moment, il avait oublié de me gratifier pour ce coup de maître. Tout en l’écoutant me dire qu’il m’offrait une jolie prime ainsi que la semaine de congé entre Noël et Nouvel an, je me préparais nonchalamment deux magnifiques lignes de cocaïne supplémentaires. Je fus soudain prise d’effroi lorsqu’il m’annonça être dans le couloir en direction de mon bureau pour m’offrir une prestigieuse bouteille de vin ! En une fraction de secondes, je remis la bouteille dans mon tiroir, mis le sachet de cocaïne dans ma poche, sniffa toute la poudre qui trainait sur mon bureau et fit d’une main glisser l’excédent au sol pendant que de l’autre main, je saisissais le mug que je venais de remplir pour le boire d’un trait. Je pressais alors sur le bouton pour déverrouiller ma porte et lorsque le C.E.O. la franchit, je me dépêchais de déglutir les dernières gorgées du mug. Entre la cocaïne qui me brulait le nez et le whisky qui me brûlait la gorge, mes yeux étaient soudain devenus d’un rouge écarlate et quelques larmes s’étaient mises à couler. Inquiet, il me demanda si j’allais bien, mais je le rassurais immédiatement, ces larmes d’étaient que l’émotion d’apprendre que j’allais pouvoir profiter d’une heureuse semaine en compagnie de mes enfants chéris. Embarrassé par ce qu’il prit pour une réaction maternelle, il posa la bouteille sur mon bureau et s’en alla. Je me dépêchais de refermer la porte derrière lui. Sa présence dans mon bureau n’avait duré qu’une minute mais cela avait été suffisant pour que les effets de l’alcool ingurgité si vite se fassent sentir. J’avais totalement conscience qui s’il était resté deux minutes de plus, je me serais mise à balbutier malgré moi. Je me rassis sur mon siège et récupéra la bouteille de whisky pour verser ce qu’il en restait dans mon mug, et paisiblement, je le bu en attendant midi. Dès que l’heure fut venue, je vidais le mug et me fis deux autres lignes avant de quitter mon bureau. Comme chaque jour, je quittais l’immeuble pour aller dans un restaurant durant ma pause, je ne titubais pas, mais marchait d’un pas joyeux, je sautillais presque en franchissant le grand hall. Je suis grimpée dans ma voiture, ai bu quelques gorgées de Grand Marnier et me suis dirigée vers le restaurant. Une fois sur place, je me suis assise à ma place habituelle, j’ai commandé l’apéritif du jour et en l’attendant ai commencé à jouer avec mon téléphone. Il y avait de nombreux messages sans intérêt mais sur Skype un amateur de DF souhaitait prendre de mes nouvelles. Comme toujours, il voulait savoir si j’avais bu aujourd’hui, dans quel état j’étais, ce que j’allais boire ensuite, alors je lui résumais ma journée en sirotant mon apéritif. Alors que je m’apprêtais à commander le verre suivant, le serveur arrivant avec un breuvage fumant. Le serveur m’expliqua que c’était le cocktail d’apéritif prévu pour Noël et qu’il souhaitait mon avis sur sa création. Je mis la paille entre mes lèvres et en bu quelques gorgées sous son regard nerveux. C’était très bon, mais trop léger à mon goût, mais très bon quand même. Le serveur me remercia pour avis éclairé et je repris la discussion sur Skype. Nous échangions quelques banalités lorsque le serveur revient avec un autre cocktail de Noël, qui devait, selon lui être plus à mon goût ; et de fait, celui-ci était vraiment chargé, il me plut bien plus que le précédent. Lorsque le serveur me demanda si je souhaitais manger aujourd’hui ou si une bouteille de vin suffira, j’optais sans hésiter pour la bouteille de vin. Et lorsqu’il arriva avec ladite bouteille, j’étais en train d’aspirer avec ma paille le délicieux mélange entre les glaçons. Une fois qu’il eu fini son cérémonial et rempli mon verre de vin, je lui tendis mon verre vide pour lui réclamer le même cocktail. Je sentais que l’alcool commençait à agir et qu’il était temps pour moi de commencer à me contrôler. J’en était à mon troisième verre de vin lorsque le cocktail arriva enfin ; j’abandonnais aussi tôt le vin pour me concentrer sur le cocktail, il semblait meilleur à chaque verre. Mon interlocuteur sur Skype, me fit remarquer que mon orthographe commençait à se dégrader et qu’il adorait ça. Pour lui faire plaisir, je bu très rapidement ce verre, puis terminais la bouteille de vin. Ensuite je me suis levée pour aller aux toilettes, j’ai bien eu quelques pertes d’équilibre en me levant mais rien d’affolant, je marchais toujours droit. Une fois enfermée dans les WC, pendant que j’urinais, je me suis faite de nouvelles de cocaïne sur mon téléphone, mon impatient ami ne cessait de m’envoyer des messages, ce qui faisait vibrer mon téléphone et ne me simplifiait pas la tâche. En sortant des toilettes, j’ai croisé le serveur et l’ai interpellé, lui demandant un nouveau cocktail ; il me répondit qu’il était déjà servi, mais comme je n’aime pas avoir tort, surtout lorsque j’ai bu quelques verres, j’insistais pour qu’il en amène un autre. L’ivresse commençait à me gagner et je sentais arriver ce moment où je ne peux plus m’empêcher de boire, mais je m’en foutais ; je me sentais bien dans cet état et c’était tout ce qui comptait. Je me rassis à ma place, retira la paille, et bu mon verre en continuant la conversation sur Skype. Je me rendais compte que j’étais saoule car pour lire, je devais plisser les yeux et agrandir le texte. C’est lorsque le cocktail arriva que je me rendis compte de l’heure tardive. Je demandais au serveur ma note avant même qu’il ne pose le verre devant moi et le bu aussi vite que possible. Ce dernier cocktail fini, je ressentais une grande frustration ; certes, j’étais saoule et il était bien trop tôt pour être dans cet état, mais je ne voulais pas m’arrêter de boire. En me dirigeant vers le bar pour payer, je sorti ma carte bancaire, et l’inséra du premier coup dans le lecteur. Ce fut pour moi la preuve évidente de ma sobriété, alors avant qu’il ne m’encaisse, je demandais au serveur de me servir un ultime cocktail, mais cette fois-ci un bien fort ! Il me fit remarquer que s’il mettait plus d’alcool il n’y aurait plus de place pour le jus de fruit. Alors, taquine, je lui répondis qu’il n’avait qu’à retirer la glace. Il corrigea le montant sur sa machine et pendant que je tapais mon code, je le vis remplir le verre tulipe de Dolphi, d’Amaretto, de tequila, de menthe et de basilic pillés ainsi que d’autre chose que j’ai oublié avant de recouvrir le tout de jus de canneberge. Il me tendit le verre, je m’en saisi et le leva à sa santé avant de le boire d’un trait. Pour être totalement honnête, celui-ci était beaucoup trop fort, mais dans mon état, ce n’était plus le goût que je cherchais mais l’effet. Et l’effet ne se fit pas attendre, pendant que je le buvais, je me suis sentie faire quelques pas en arrière pour corriger mon équilibre. Je posais le verre et me dirigeais vers la sortie du restaurant, par contre, à présent, je devais me concentrer pour marcher droit. Je rejoignis ma voiture et écrivis avec enthousiasme ce que je venais de faire à mon ami, ça l’excitait beaucoup. Il me demanda si j’allais me faire à nouveau quelques lignes, mais je lui répondis que j’attendrais d’être à mon bureau pour ça. J’étais saoule et j’avais envie de le rester, je me saisi de la bouteille de Grand Marnier, en bu quelques gorgées et pris la route. Le ciel s’était dégagé et le soleil m’éblouissait, j’avais laissé mes lunettes de soleil au bureau et je voyais à peine la route. Mais qu’importe, j’étais heureuse et le Grand Marnier y contribuait bien. Il devait être 14h lorsque je suis arrivé sur le parking de mon entreprise, j’avais presqu’une heure de retard. Lorsque l’on a une heure de retard, on est plus sur dix minutes, j’en profitais pour finir la bouteille avant la jeter derrière le siège passager comme je fais toujours. Je pris une grande inspiration et sorti de ma voiture, et je du m’agripper à la portière pour ne pas finir par terre. Certes, les talons hauts sont élégants, mais terriblement instables lorsque celle qui les porte a bu quelques verres de trop. Après avoir traverser le hall, j’hésitais un moment avant prendre l’ascenseur, par peur d’y croiser quelqu’un. Mais après mure réflexion, je me dis que je ne voulais pas escalader les cinq étages à pied aujourd’hui et que de toutes façons, je devais être encore capable donner le change pendant les quelques secondes durant lesquelles quelqu’un se trouverait dans l’ascenseur avec moi, pour autant que je n’ai pas à lui parler. Lorsque l’ascenseur atteint mon étage, personne n’y était monté, je le regrettai presque, j’avais envie d’un défi ; si j’avais su que cela aurait été aussi simple, j’aurai bu un cocktail de plus. Mon téléphone vibrait encore, il n’avait pas cessé durant tout le trajet et je ne l’avais pas consulté. Non pas par mesure de sécurité, mais parce que je savais que je ne parviendrai pas à le lire. Je regagnais mon bureau pour me rendre compte avec déception, que la bouteille de whisky était vide ; j’avais oublié l’avoir vidée avant de partir. Avec avidité, je cherchais une autre bouteille dans mes cachettes, mais tout ce que je trouvai fut quelques centimètres au fond d’une bouteille de cognac. Je m’assis à mon bureau pour la boire et lancer Skype sur mon ordinateur afin de prévenir mon ami que la fête allait connaître un long entracte, quand mes yeux tombèrent sur la bouteille de vin ; un « Domaine de Chevalier 1982 »… Il fallait maintenant ouvrir la bouteille, mais fort heureusement, j’avais tout ce qu’il fallait. Une fois la bouteille ouverte, je la laissais respirer un peu pendant que je me faisais quelques lignes bien méritées en finissant le cognac. Mon ami était très heureux de me lire à nouveau et voulait connaître mes plans. Mais le plan, c’est qu’il n’y a pas de plan. Une fois prête, je me servis délicatement le vin, il était délicieux, bien supérieur à ce que j’ai l’habitude de boire. Malheureusement, comme c’était ma seule cartouche, je savais que je devais le faire durer, et je sentais les effets des cocktails se dissiper lentement. Quand la bouteille fut finie, j’étais extrêmement déçue, voir même frustrée, certes, je n’étais pas redevenue totalement sobre, mais suffisamment pour que cela m’incommode. Je voulais boire, je veux dire, boire vraiment, boire à ramper par terre et en vouloir encore ; et je ne supporte pas d’être interrompue lorsque je suis aussi bien lancée. Vers 16h, j’entendais mes collègues dans le couloir se diriger vers la salle de réception, et je m’énervais seule dans mon bureau avec l’envie de les rejoindre. Pas pour les voir eux, bien sûr, ni pour avoir deux coupes d’un immonde mousseux, mais je me disais que je pourrais peut-être subtilement dérober une bouteille ou deux et remonter dans mon bureau avec. J’étais en train d’échafauder diverses stratégies foireuses pour m’emparer des bouteilles convoitées, lorsque le C.E.O. m’envoya un message pour savoir si je progressais dans la rédaction du dossier, me voici prise à mon propre piège. Alors je lui dit que tout était fini, ce qui était vrai et que je pourrais très bien mettre le dossier sur une clef USB afin de l’envoyer depuis chez moi demain soir. Il accepta en me disant que j’avais bien mérité un verre… Si seulement, il savait… Je lui répondis que je préférais rentrer chez moi et voir mes enfants, ce qu’il trouva tout naturel et accepta. C’est les mains tremblantes que j’insérais la clef USB dans l’ordinateur et lança la copie des très lourds fichiers pendant que je me refis deux lignes, m’empara de mon manteau et m’enfui de mon bureau et de l’immeuble. Vous noterez que je ne suis d’ordinaire pas avare de détails, et que je n’ai pas dit ici avoir récupérer la clef USB car je l’ai tout simplement oubliée. Ce seul détail va me conduire le lendemain à niveau bien plus épique que celui conté jusqu’ici. Impatiente de trouver à boire, je grimpe donc dans ma voiture et m’apprête à traverser la ville. Mais nous sommes vendredi en fin d’après-midi, veille d’un long weekend festif. Toutes les rues sont bloquées. Je meurs d’envie d’être ivre et il impossible de circuler. Je lorgne de plus en plus sur la bouteille de vodka lime, même si elle est infecte. Par miracle, juste à ma hauteur, une voiture qui son emplacement de stationnement et je m’engouffre dans la place vacante. Je connais très bien le quartier, et il y a un bar dont je suis une habituée à quelques minutes à pied. Je sors de ma voiture et marche d’un pas décidé vers le bar, lorsque j’y arrive, je cours presque. Le patron est en train de préparer son comptoir, et c’est presqu’en suppliant que je lui commande cinq téquilas que je vais boire d’un trait. Cela fait, je vais demander une bière pour la boire sur la terrasse chauffée en fumant une cigarette. Trois bières plus tard, profitant d’être à nouveau détendue mais pas encore à nouveau éméchée, je téléphone à ma mère pour savoir comment vont les enfants. Ils sont en vacances depuis une semaine chez elle et ils me manquent un peu. Ma mère à toujours aimé pouponner, trop heureuse d’avoir ma progéniture avec elle, elle me propose de les garder avec elle jusque dimanche, je n’aurais qu’à passer le réveillon chez elle, ça me fera moins de travail vu que je n’aurais pas à cuisiner. Comme il est impossible de négocier avec mes parents, j’accepte. Je peux donc profiter pleinement de ma soirée en attendant que les rues se dégagent. Je recommande cinq téquilas et une autre bière. Je reprends ma discussion sur Skype lorsque deux potes viennent me faire la bise. Nous discutons, d’autres se joignent à nous, les gens vont et viennent, puis nous rentrons tous dans le bar et le patron recouvre la devanture de panneaux de bois. C’est le signal qui indique que nous allons pourvoir fumer à l’intérieur du café et que nous attendons tous. Les verres s’enchainent, les bières, certes, mais les shots aussi. Bien que nous soyons à présent en comité restreint, le volume des commandes ne cesse pas ; on m’offre des verres et j’en offre en retour, je réponds de temps en temps sur Skype et j’oublie le temps qui passe. Je monte parfois à l’étage, aux toilettes, que ce soit pour me soulager ou pour reprendre quelques lignes et chaque fois que je redescends, je crois e des gens que je n’ai plus vu depuis longtemps. Pour simplifier la tâche au patron, nous commençons à acheter des bouteilles, mais à sept ou huit, elles partent vite. Peu à peu, la clientèle à commencer à s’égrainer, et lorsque nous nous sommes retrouvés à seulement trois clients, le patron nous a annoncé qu’il allait fermer. Il a ouvert la porte et j’ai alors constater qu’il faisait plein jour. Jusqu’ici ma tête était un peu brumeuse mais j’allais parfaitement bien, et je ne me serais jamais définie comme saoule. Mais en sortant, j’ai ressenti un grand coup de froid, il avait commencé à neiger ; pas une belle neige blanche et pure, une neige molle qui fondait dès qu’elle touchait le sol. En marchant vers ma voiture, je sentais que l’alcool commençait à agir, et il n’était pas tendre. Mes hauts talons glissaient sur le trottoir et je devais souvent m’assister des véhicules en stationnement pour rester debout. Une fois assise derrière le volant de ma voiture, j’ai un peu écrit à mon ami sur Skype mais celui ne me répondait plus. Il devait être 2 A.M. aux Etats Unis, il avait dû s’endormir. Je mis un peu de chauffage, mais cela me rendit encore plus saoule. N’ayant plus rien à boire, j’attrapais la bouteille de vodka lime et en bu quelques gorgées, elle était toujours aussi infecte. Mais je du faire contre mauvaise fortune bon cœur et l’en contenter. Je commençais sérieusement à fatiguer et la circulation en ville était de nouveau impossible. Mes paupières étaient lourdes et mes yeux roulaient dans leurs orbites, je ne me maintenais éveillé que grâce à quelques rasades de l’immonde breuvage. Les conducteurs coincés à coté de moi dans les embouteillages pouvaient me voir porter la bouteille à mes lèvres et faire ensuite d’horribles grimaces. Après une éternité, je me suis enfin trouvée hors du centre-ville, j’avais ingurgité la moitié de la vodka et ce fut une terrible pénitence, son goût affreux me revenait par relents. Je me réjouissais de rentrer chez moi pour boire autre chose. Après un court passage sur l’autoroute, afin de rentrer chez moi, il me faut traverser une autre ville, mais celle-ci beaucoup plus petite et beaucoup plus calme. Il me suffisait de suivre son axe principal, mais celui-ci est bordé de débits de boissons. Si je n’ai pas prêté attention aux premiers bistrots ; le goût répugnant que j’avais en bouche menaçait de me rendre malade. Alors je finis par m’arrêter devant un bar avec pour seul but de me rincer le gosier. Avant de sortir de ma voiture, je me fis quatre belles lignes de cocaïne, j’étais garée juste en face de la vitrine du bar et je ne voulais pas avoir l’air trop ivre lorsque les clients me verront sortir de mon véhicule. Cela fait, je pris le temps de fumer une cigarette ; j’ai dû fermer un œil et manœuvrer prudemment pour diriger la flamme de mon briquet jusqu’à son bout. Je suis entrée dans le bar en prenant soin de pas trébucher, m’agrippant pour la cause à la porte et au porte manteau avant de m’installer au bar. J’ai commandé un Scotch, puis autre et encore un autre. Le goût de détergent fini par disparaître et moi, je me sentais de mieux en mieux. Lorsque je me suis enfin sentie bien, j’ai commandé un grand verre de Dolphi, un autre d’Amaretto, un de tequila, un d’une boisson que j’ai oubliée, des feuilles de menthe et de basilic, ainsi que du jus de canneberge. Le mec n’avait ni menthe, ni basilic, ni jus de canneberge, mais qu’importe, ce n’était pas les ingrédients principaux. Il me servit ce qu’il pût et je commençais à tenter de tout mettre dans le même verre, mais les verres étaient trop petits, et il faut dire que mon habilité à transvaser des liquides sans renverser avait fortement décrue. Alors, je bu un par un les verres à peine mélangés. Mon ambition n’était pas de recréé le fameux cocktail de Noël bu la veille mais plutôt d’atteindre l’état dans lequel j’aurais dû quitter le restaurant. Les verres à peine bus, je recommandais la même chose tout en vacillant sur mon tabouret. Pour me faciliter la tâche, le patron mis les ingrédients lui-même dans un grand verre à Ice Tea. Le mélange n’était pas glorieux, mais il était fort et c’est tout ce qui comptait ; au fur et à mesure que je l’avalais, je sentais mes neurones grésiller et fondre. Cela me provoquait de petits sursauts de jouissance. Je commandais alors le verre suivant et tenta de me lever pour aller aux toilettes mais je parti à la renverse, manquant de m’effondrer sur la table derrière moi. Ma tête tournait beaucoup, et j’ai grandement tituber entre les allées de tables pour rejoindre les toilettes. Je me sentais ivre et j’étais heureuse de l’être ; après avoir uriner, je me suis servie de l’évier pour me faire de magnifiques lignes de coke. J’étais à présent bien trop entamée pour qu’elle puisse me prémunir de quoi que ce soit, mais au moins, elles me maintiendraient high. Lorsque je reviens à ma place, un client m’informa que téléphone avait vibrer, je l’avais oublié sur le comptoir. J’étais encore en mesure de voir qu’il s’agissait d’un message sur Skype, mais plus capable de le lire. Alors le client inconnu me proposa son assistance. Il me lu les messages de mon ami qui parlaient de mon alcoolémie, de ce que j’allais encore boire, de l’état dans lequel j’allais finir… Tout en l’écoutant et en lui dictant mes réponses, je finis mon verre et en commanda un autre. Je ressentais une profonde excitation sexuelle à ce qu’un étranger se trouve ainsi à découvrir cette face de moi. Je devais maintenant me cramponner au bar tout en buvant pendant que l’inconnu décrivait mon état à mon ami. Et mon ami l’incitait à me faire boire. J’étais à présent contrainte de me cramponner d’une main au bar pour pas tomber de mon tabouret, et lorsque j’ai eu fini mon verre, l’inconnu ordonna de m’en servir un autre. Je savais que je buvais trop, mais je voulais prolonger ce moment. Lorsque le verre arriva, j’ai eu des difficultés à m’en emparer, mais une fois que je l’ai eu saisit, aucune pour le porter à mes lèvres. L’inconnu continuait de me lire les messages et comme il ne comprenait plus ce que je disais ; il se contentai de m’annoncer ses réponses. Lorsqu’il annonça qu’il neigeait à nouveau, je tournais la tête vers la vitrine et vis dans la nuit noire de gros flocons blancs obstruer toute visibilité. Ils venaient dans la lumière avant que le vent ne les emporte en tourbillonnant, disparaître dans l’ombre. Il était à peine un peu plus de 17h et déjà on ne voyait plus rien dehors. L’inconnu avait passé son bras autour de moi pour me maintenir ; j’avais lâché le comptoir pour m’accrocher à lui. Il recommanda un verre alors quez je n’avais pas encore fini le précédent ; alors je tentais de vider mon pseudo cocktail d’un trait, je faillis partir à la renverse et si l’inconnu ne m’avait pas rattrapée, je me serais écrasée par terre. J’avais à peine bu quelques gorgées du nouveau verre lorsque l’inconnu me porta et m’emmena aux toilettes, là il me vautra sur l’évier, remonta ma jupe et introduisit son pénis en moi. Je ne tenais plus sur mes jambes et je cherchais désespérément à me stabiliser en agrippant le robinet avant que je ne finisse par glisser de l’évier et m’effondrer dans un urinoir. L’inconnu continuait de me baiser comme il pouvait ; la chasse automatique ne cessait de s’enclencher, ce qui rendait l’intérieur de l’urinoir glissant et je fini par m’effondrer dedans tête première. L’inconnu empoigna mes hanches pour remettre mon cul sa hauteur et agrippa mes cheveux pour m’enfoncer la tête dans l’urinoir sous les jets d’eau. J’étais trempée et je jouissais à mort ; je commençais à avoir envie de drogues, pas de cocaïne mais d’autres choses qui me fassent planer, je voulais être un trou que l’on viole à la chaine, une catin sans vertu prête à toutes les extrémités. Lorsque l’homme eu jouit en moi, il me lâcha et me laissa choir sur le sol, il reboutonna son pantalon et s’en alla, m’abandonnant seule et détrempée sur le sol des toilettes. J’ai eu toutes les peines à me relever, mais je parviens à me remettre sur mes pieds et à m’extraire de la petite pièce. Pour rejoindre le comptoir, je m’appuyais sur chaque table à ma portée ; mon chemiser mouillé était devenu transparent et me collait à la peau, ma jupe était encore à moitié relevée, je titubais de gauche à droite la l’allée de tables, renversant certaines chaises. J’étais extraordinairement excitée, il me tardait de recommencer à boire pendant que l’inconnu expliquerait en détail à mon ami ce qu’il venait de me faire. Je mourrais d’envie qu’un autre homme m’apporte pour me baiser à son tour ; je voulais enchaîner les bites et les verres jusqu’à perdre connaissance. Hélas, quelle ne fut pas ma déception lorsque le serveur se mit à me crier dessus ; il m’ordonna de payer mes verres et de quitter immédiatement son établissement. Je lui tendis quelques billets et pendant qu’il encaissait et comptait la monnaie à me rendre, je finis mon verre. C’est totalement mouillée que je me suis retrouvée dehors, dans le froid glaçant ; heureusement, je n’avais que trois pas à faire pour atteindre ma voiture et c’est en m’appuyant sur son capot que je parviens à en faire le tour pour arriver à ma portière. J’étais si délicieusement ivre qu’il me fallut trois essais avant que mon doigt ne parvienne à presser le bouton qui démarre le moteur. Il neigeait toujours et la route était totalement blanche, on ne voyait plus la différence entre la voie de circulation et les trottoirs. D’ordinaire, à partir d’ici, il ne m’aurait fallut qu’un quart d’heure pour rejoindre mon domicile, mais la route était glissante et je grelotais. Le moteur était froid et de ce fait, le chauffage peinait à me donner de chaleur. Je zigzaguais d’un bord à l’autre de la route, ne me forçant à rejoindre ma bande circulation que lorsque je voyais arriver en face les phares d’une autre voiture. Régulièrement, je sentais mon pneu percuter un rebord. Après quelques kilomètres, je finis par manquer un virage et ma voiture s’encastra dans un bosquet ; je mis plusieurs minutes à m’en rendre compte, et continua de presser sur l’accélérateur cherchant à comprendre pourquoi je n’avançais plus. Lorsque je pris conscience de la situation, je profitais de cet interlude pour ôter ma veste, mon chemisier et mon soutien-gorge, l’eau avait ruisselé sur ma jupe qui était à son tour mouillée alors je la relevais pour m’en faire un genre de ceinture. Je me saisis de mon paquet de cocaïne et me fis quelques lignes pendant que d’autres voitures passaient à ma portée. Puis, je repris la bouteille de vodka lime et en bu quelques gorgées. Le goût était toujours très mauvais, mais je commençais à m’y habituer. Cela fait, j’enclenchais la marche arrière et pressa la pédale et commença à pomper pour m’extraire de là. Après une forte résistance, le buisson fini par céder et ma voiture partit en droite ligne percuter un muret derrière moi. Je repris la route au travers de flocons blancs qui formaient un nuage de plus en plus dense devant moi. Les feuilles mortes sous la neige rendaient la route extrêmement glissante, je manquais de faires des embardées à chaque virage. A chaque ligne droite, je pressais un peu sur l’accélérateur, pour prendre un peu de vitesse, puis je freinais pour sentir ma voiture glisser. Pendant qu’elle dérapait, je portais la bouteille à mes lèvres et je buvais aussi longtemps que la voiture glissait. Ce petit jeu m’amusait beaucoup et je maudissais les voitures arrivant à contre sens qui limitaient mon plaisir. C’était très excitant de perdre le contrôle, de sentir la voiture se mettre de travers et parfois percuter quelque chose. Mes talons hauts glissaient des pédales et cette difficulté supplémentaire rendait le jeu encore meilleur ; je me sentais partir sous les effets de l’alcool et j’en voulais toujours plus. La bouteille de vodka lime était à présent vide et j’arrivais à proximité de chez moi. Je me laissais balloter sur mon siège en fonction des cahots de la route et des dérapages ; j’étais terriblement excitée et, dans ma soulographie, je repensais à mon ami qui m’attendait sur Skype et à cet inconnu qui avait lu tous nos échanges. A l’approche de ma maison, je parviens miraculeusement à appuyer mon pied sur la pédale de frein pour stopper mon véhicule à moins d’un mètre de ma façade que j’ai si souvent percutée est rentrant dans des états tout aussi improbables que ce soir. Je crevais d’envie de sexe, d’alcool et de drogues ; il était temps pour moi d’exercer mes talents obscurs et de me laisser sombrer dans mes vices. J’empoignais mes vêtements et m’éjectais de ma voiture avant de m’effondrer sur le gravier. La neige collait à ma peau et, comme j’étais quasi nue, mes membres s’engourdir rapidement. C’est à quatre pattes que j’atteignis ma porte d’entrée ; je n’avais pas encore fait placer de serrure biométrique à l’époque et dû trouver le moyen d’introduire ma clef dans la serrure. Je mourrais de froid et pour prémunir un peu du gel, j’avais posé mes vêtements sous mes genoux pendant que d’une main, je me pendais à la poignée de porte, et que de l’autre, j’essayais de trouver la serrure avec ma clef. Lorsque la porte s’ouvrit enfin, j’étais frigorifiée, et je suis entrée en rampant chez moi. Je ne pensais qu’à une seule chose, boire pour me réchauffer. Tout en me trainant sur le sol, je fis glisser ma robe de mes hanches à mes chevilles et poussa la porte du pied pour la fermer. C’est en me déplaçant comme une chienne souillée que je me dirigeai vers mon bureau, trainant d’une main mes vêtements et raclant mon épaule contre le mur pour tenter de ne pas m’écrouler. Il faut me comprendre, je passe mes journées à donner des directives et dominer, alors je savoure avec délectation mes débauches qui me rendent accessible et vulnérable. Une fois mon bureau atteint, je me suis hissée comme je pu sur ma chaise ; je démarrai mon ordinateur et piocha quelques pilules sans même regarder ce que je prenais et les descendre avec quelques gorgées d’une bouteille de rhum qui trainait. Il fut bien pratique que Skype s’exécute au démarrage de Windows, pas que les drogues faisaient déjà effet, mais plutôt que j’étais tellement ivre qu’il m’aurait fallu une éternité pour parvenir à cliquer sur l’Application. Il y avait une longue liste de messages qui m’attendaient mais le temps de déchiffrer les premiers mots, j’avais déjà oublié le début de la phrase. J’étais toujours frigorifiée et tremblais de froid, alors puisqu’à chaque fois que tentais de boire, du rhum ruisselait sur mes seins car j’étais trop ivre que pour porter la bouteille à mes lèvres sans en renverser, je me suis frictionnée avec l’alcool espérant ressentir une apaisante chaleur ; le résultat est assez peu concluant, d’autant que le rhum fort sucré a rendu ma peau collante, ainsi me suis-je dis que je recommencerai plus tard avec de la vodka lorsque j’irai quérir une autre bouteille. Après de longues minutes, mon ami virtuel se manifesta enfin et lança une conversation vidéo ; il me fallut concentrer toute mon énergie et toute mes facultés pour parvenir à me saisir de la souris et cliquer sur l’icone pour accepter la conversation. Dès les premières images, sont enthousiasme fut immédiat ; j’étais nue et crasseuse, les yeux à demi révulsés, pâle comme un cierge et chancelante sur mon siège. J’aimais beaucoup discuter avec cet homme ; certes, il manquait d’expérience, mais son DF était si élevé qu’au moindre signe de moi et son excitation s’emballait instantanément, il me couvrait de compliments, encensait mon état, vantait mes aptitudes… S’il est vrai que j’aime me saouler en public tout en méprisant les commentaires dédaigneux à mon propos, pouvoir m’exploser le cerveau face à un véritable amateur était très plaisant. Il savait nourrir mon besoin de me dépasser, il savait m’encourager et me pousser à boire quelque soit mon état et quoi que j’aie à faire. Il était en parfaite harmonie avec mon démon intérieur, je savais que si je lui répondais, quelque soit l’heure ou le lieu, j’allais commencer à boire. C’était d’ailleurs un de mes nombreux vices ; lui répondre à des moments où je dois impérativement ne pas montrer de signes de ma nature profonde. J’adorai être en réunion d’affaire et discrètement lire ses messages, moi qui avais déjà envie de me griser, je me trouvais rapidement harcelée par une soif insatiable, une envie harcelante de boire sans modération. Ses mots étaient si intenses qu’à les lire, alors que je défendais un bilan, je m’en trouvais perturbée à oublier mon exposé durant quelques secondes, je sentais instantanément mon vagin de venir moite et mon cœur s’accélérer. Je me dépêchais alors de finir ce que je faisais pour pouvoir m’isoler aussi vite que possible et gober d’un trait le contenu de la flasque que je porte toujours à la cuisse. Ainsi, me trouvée déjà fortement alcoolisée, droguée et prête à tout face à lui lors d’une visio m’excitait passionnément, il me tardait qu’il me fasse boire et m’empêche de m’effondrer pour poursuivre nos jeux jusqu’à ma dernière limite. Il avait été très émoustillé par les réponses de l’inconnu du bar et était extrêmement curieux de savoir ce qu’il m’avait fait. C’est en balbutiant que je répondis à ses questions ; pendant que je parlais, je voyais bouger son épaule d’une façon qui ne laissait aucune ambiguïté sur ce qu’il était en train de faire et cela me plaisait. Les pilules commencèrent à agir et le monde qui tournait déjà autour de moi se mit à virevolter à s’iriser, mes propos déjà peu intelligibles devenaient incohérents, mon, ami compris rapidement, qu’il commençait à perdre mon attention ; je riais seule, basculant dans tous les sens. Il était plus que temps de me faire revenir avant que je ne perde totalement le contact avec la réalité, mon ami proposa que je me fasse des lignes, autant que possible. S’il y avait une chose touchante avec lui, c’était son inexpérience, particulièrement au niveau des psychotropes, j’apprécie énormément que l’on me pousse à la consommation, mais comme il n’y connaissait rien, les quantités qu’il réclamait me voir prendre étaient souvent excessives et les mélanges plus que hasardeux. C’était une véritable aubaine pour moi, car les moments où je m’approche aux limites de l’overdose fatale me procurent des jouissances proches de l’extase absolue. Aussi gaspillée que je puisse être, dès que l’on me parle d’alcool ou de drogue, je suis partante. Ainsi, j’entrepris de concasser la poudre et la disposer en lignes ; régulièrement je m’interrompais car mon attention était attirée par des lumières dansantes qui n’étaient issues que de mon imagination. Après de multiples essais et de nombreuses tentatives ratées, je fini par renifler les rails que je m’étais servi. Immédiatement, mon ami en réclama d’autres, puis d’autres, et encore d’autres… Mes yeux pleuraient, mes narines étaient bouchées, un sifflement strident faisait vibrer mes tympans, mes mains se remirent à trembler et cette fois le froid n’y était pour rien. Ma bouche et ma gorge sont devenues si sèche que je ne parvenais plus à déglutir. Il était devenu vital pour moi de boire, loin de m’avoir fait éliminer les pilules précédemment avalées, la cocaïne avait provoqué en moi un terrible désir sexuel, une envie de me faire démontée à la chaine par une horde d’hommes. Je fantasmais d’exhiber ma déchéance à une foule de bons pères de famille et de les exciter jusqu’à ce qu’ils perdent le contrôle et se battent pour me baiser devant leurs épouses terrifiées. Il fallait absolument que je m’introduis quelque chose dans le vagin, n’importe quoi, et la première chose que j’attrapais fut un cutter ; lorsqu’il me vit le descendre à mon entrejambe, mon ami plein de bon sens, tenta de cacher sa panique et me fit remarquer qu’il me faudrait certainement quelque chose plus volumineux, et me suggéra la bouteille. Mais les bouteilles de rhum en forme bombonnes sont assez peu pratiques pour cela, leur petit col et leur large corps ne me permettent que d’effleurer le plaisir et j’avais envie de choses bien plus profondes. Cherchant un objet autour de moi, je vis mes vêtements par terre, et l’idée me vient de m’introduire mon téléphone ; je m’effondrai de ma chaise en tentant de saisir ma veste, m’affalant de tout mon long sur le parquet. C’est en me cramponnant au bureau que je parviens à regagner mon siège. Lorsque je parviens à extraire d’une poche le téléphone, celui-ci était dans un triste état, ça vitre était brisée et constellée d’éclats. Il allait me falloir trouver autre chose, mon dévolu se porta finalement sur presse papier en bronze que m’avait offert ma mère. Sa forme de dauphin était particulièrement adaptée à la pénétration et le poids de l’objet ajoutait au plaisir. Mon ami ne perdait pas une miette du spectacle ; il avait déjà éjaculé plusieurs fois, mais continuait de se masturber. La fougue des jeunes hommes est vraiment mon délice préféré ; ils compensent par l’énergie leur manque de savoir-faire. Nous nous masturbions de concert lorsque mon téléphone sonna, trop impliquée de notre action commune, je ne daignai pas répondre. C’est alors que j’étanchais ma soif jusqu’à finir la bouteille de rhum tout en me défonçant le cervix à coups de dauphin que mon ami jouit pour l’ultime fois ; visiblement, ma résolution avait eu raison de son ardeur. Il se laissa tomber dans le fond de son siège et s’alluma une cigarette. De mon côté, je laissai choir le presse papier qui s’effondra lourdement au sol ainsi que la bouteille qui elle se brisa. L’envie d’une cigarette était bien présente, mais je me refusais à succomber à un geste aussi commun. Lentement, j’ouvris ma boite à malices, et dissimulée par son couvercle, je commençai à me préparer quelque chose que mon interlocuteur ne pouvait voir. Ce petit coffre, il le connait par cœur, il sait ce que j’y range comme merveilles, et cela titillait sa curiosité de me voir si longue. Quand finalement, il vit apparaître une pipe à crack et un bruleur ; je dépassais visiblement toutes ses attentes. Mes mains moites et tremblantes ne me facilitaient pas la tâche, mais ma détermination était absolue ; de toutes façons, je n’avais plus rien à boire et mes narines étaient toujours bouchées. La flamme bleue gravitait autour du bulbe de verre ne l’atteignant que par intermittence, espérer de moi une quelconque coordination à ce stade était utopique. Une fois la fumée jaillissante du tube je le portais à mes lèvres et aspira tout en tentant d’approcher la flamme de la sphère sans me carboniser les doigts. J’avais fortement chargé la pipe et cela me permettait d’émettre de lourds nuages blancs en direction de la caméra, obstruant totalement la vision de mon ami qui en était bien frustré. Lorsque j’eu fini, mon regard était vide, les gestes lents, mon tient livide, j’étais magnifiquement perchée et je me sentais partir dans les brumes.